13/04/2011

22 octobre 2008


quelqu'un peut-il nous dire où nous sommes.
dans un parc changé pour l'occasion en un semblant de paradis.
il y a des tentes, grandes, blanches.
des bars à perte de vue.
l'herbe est si sèche que le sol est un tapis de paille.
nous marchons, tu es torse nu.
les foules circulent en un flot continu de bétail.
les gobelets s'entassent, les poubelles débordent.
je m'accroche à ta main comme une corde
la densité humaine est si forte, je te sens
comme indispensable, omniscient.
à l'apogée de la journée l'eau s'abat sur nous
avec une telle douceur
j'ai mes mains sur ton cou
il y a de quoi perdre conscience ici, sous les brumisateurs.
les basses agitent les corps,
toutes les mains droites qui tiennent des verres
les secousses irresistibles les renversent.
Meduza est.
n'écoutant plus ma fièvre je m'élance sur le sol glissant
jubilant de la rareté de ces instants, de leur puissance.
pleurer parfois ne suffit pas à évacuer
la joie les peines, fatigue-les, va danser.
je donnerais tant pour...
écrire parfois ne suffit pas à tout figer
cela reste quelque part dans un recoin
de ma tête, de mon corps, assez loin
pour ne jamais parvenir à le partager.
cela reste quelque part et ça revient
dans ma tête, dans mon corps, assez loin
à Sziget je me souviens
de la boue sur nos pieds, du goût des omelettes,
des oignons dans le hotdogs, de la bière sur nos lèvres,
du bohneur dans nos oreilles, rien avant n'avait
jamais été pareil, tu entends ?
c'est le bruit du temps qui transforme les souvenirs
en rêves.

18 octobre 2008



Je n'aime pas l'absence.
Moi non plus je n'aime pas ces distances.
Les jolies retrouvailles quand elles se répettent
perdent de leur goût de fête, elles ne veulent plus
rien dire, à part "je vais repartir".
Vivre comme entre parenthèses.
De l'attachement, à la dépendance, à la passion.
Jusqu'à une mutuelle vivisection.
Laisse moi alors, sèche tes larmes et retourne-toi.
Si quelques ombres suffisent. Si tu as bien calculé
le rendement, les rapports qualité-prix de nos efforts.
Mais vois-tu, moi je n'en fais aucun.
Le matin je me réveille, je te souris. C'est parceque
je suis bien.

Pas aujourd'hui c'est vrai. Et l'après-midi m'a pris
comme un grand vent de sibérie. J'ai eu envie de fuir,
de me protéger. Et plus je faisais le point, plus
je tournais en rond, plus j'avais besoin de tout changer.
Couper des cheveux ne suffit pas c'est vrai.
Je cherche des boucliers et peut-être même d'autres bras.
C'est une politique de réarmement.
Je me prépare au repli, à l'attaque par surprise, je serais
prête à toute éventualité. Normalement...

Je ne m'amuserais pas à vérifier si tu m'aimes.
J'ai pensé à des test, des épreuves mais c'est inutile.
Je vois bien dans tes yeux que tu manques de choses
à me donner, que c'est de plus en plus difficile.
Lorsque l'on en vient à peser le pour et le contre
c'est que l'on sent deja les poids de chaque côté.

Tu ne pensais tout de même pas que ça allait glisser
sur moi sans rien accrocher.
Tes phrases restent là, bien vivantes, elles se mélangent
dans mon corps, plus lucides, plus absurdes encore qu'hier.
Cela aura duré un an, ce doux repos de mon âme.
Ton mouchoir plein de larmes.
Quelques mégots pas terre.

8 octobre 2008




Qu'est-ce qu'il me reste à écrire. Sur toi.
Qu'est-ce qui n'a pas été dit...
Tes yeux scintillent, ils pourraient se
refléter dans tes raviolis.
Tellement tu es content, tellement tu me
fais envie.
Continues, parle-moi de ces filles-la, qui
te tournent autour quand moi je n'y suis pas.
Te reconquérir, te marquer au fer, te marquer
la peau de mes doigts et de mes lèvres.
Te regarder calmement jouir, et tomber contre
moi. T'avoir là, dans mon cou. Te garder au
chaud et manger ton sourire.
Voilà ce qui passe dans ma tête durant tes
récits de petites conquêtes.
Moi aussi je me crée des suspens en croisant
des regards, dans les salles de cours, dans
les couloirs. En volant des images de
silhouettes, en m'attardant sur des visages.
Jouer avec des petites bougies, en allumer.
Se les donner pour souffler dessus.
Un jour peut-être l'incendie et moi crachant
sur les flammes, la panique, la mort de l'âme.
Et puis quoi encore, il suffira d'un orage
pour nous retrouver, trempés de regrets,
s'attraper un bras, se retenir un peu.
Tu ne me perdras jamais.
Même si je n'en sais rien... j'écris
ce que je veux. Point.

24 septembre 2008



J'avais trouvé le bonheur, celui que les heures n'arrêtent pas.
Tu étais là, du matin au soir.
Tu souriais, tu posait ta main sur ma tête comme sur celle
d'un animal souffrant. Je me lovait dans tous les creux
de ton corps. Jamais je n'ai eu peur.
A des kilomètres de nos repères, on était chez nous, partout.
C'est cela être amoureux.

Je sais pas retransmettre par les mots ce que je ressentais
dans ces moments. J'ai pleuré devant sa guitare, dans tes bras,
une dernière nuit là-bas. Je parlais, à moi-même, tout bas,
j'aurais voulu que tu m'entende murmurer... ma vie t'appartiens.
Le passé est si dérisoire. J'ai tellement aujourd'hui, bien plus
que tout ce que j'ai pu perdre ces dernières années, ce qu'on
pu me prendre des fantômes et leurs actes manqués.

A notre retour quelque chose avait changé.
Cette entrevue de vie rêvée et le trait que nous allions devoir
tirer dessus. Se séparer, se retrouver, la distance, le temps.
Tous ces paramètres redevenus maîtres de la logique.
Tyranniques. Et mes souvenirs sont parfois lourds et rassurants.
Alors, c'est ainsi, vivre sans, aller vers ce nouveau présent.
Allonger le bras vers le vide de son lit.

3 septembre 2008



Certaines mangent du nutella à même le pot en pleurnichant...
moi c'est les carottes râpées. C'est qu'il arrive d'avoir
l'impression de vivre une rupture, sans quitter personne.
Chaque époque a ses risques que le temps ignore. On ne
contourne pas les évènements. On ne les combat pas forcement.
On les partage, au moins. Partager serait-ce encore mouiller
l'épaule de celui qui vous entoure de ses bras ?

"Si tu savais le nombre d'heure où nous sommes face à face.
Si tu savais tous les bonheur auxquels je voudrais laisser la place. Je rentre et je télécharge des films. N'importe quoi pour oublier le crime de n'avoir que des armes pour lutter et de ne pas savoir tout simplement t'aimer."

De l'incompétence de vivre d'un seul corps. Il m'en faut deux.
Le mien et l'autre pour le manger, le cogner, le caresser,
le regarder. Pour m'en faire un oreiller.
Et tout ça revient, c'est comme la mer et la marée.

18 août 2008



Je me demande bien si comme la musique, l'amour amplifie
toutes les sensations. Il te rend si émouvant, comme peuvent
l'être si souvent les rues que je traverse, en chantant doucement.
Dans ma tête. Il ya toi. Tu as main mise sur mon être.
C'est si peu de le dire et cela se sent tellement que tu n'as
pas le besoin que je t'exprime cette marée de choses
douces-amères. Mais si je me tais je risque la noyade.
La petite fille désarmée est tombée amoureuse à force
de rigolades, de regards familiers...
Il est comme un ami d'enfance, il est comme celui que
l'on embrasse pour la première fois à huit ans et demi,
son innocence tenace et son enthousiasme nous poursuit.
Jusqu'à provoquer le manque dès qu'il s'en va.
Jusqu'à se suffire à lui même. Non ne parle pas.
Reste juste là, toi et ton corps qui m'appartient,
carresse moi la main, regarde un film avec moi,
je poserais ma tête sous ton menton en mangeant
tes doigts et nous lutterons contre les désirs fugace
qui nous détourne de l'image.
Ha, mirage, lorsque j'ai l'impression que tu vas arriver
ici, un casque dans une main, l'air toujours paisible,
l'air de rien. Je serais alors tellement bien.