quelqu'un peut-il nous dire où nous sommes.
dans un parc changé pour l'occasion en un semblant de paradis.
il y a des tentes, grandes, blanches.
des bars à perte de vue.
l'herbe est si sèche que le sol est un tapis de paille.
nous marchons, tu es torse nu.
les foules circulent en un flot continu de bétail.
les gobelets s'entassent, les poubelles débordent.
je m'accroche à ta main comme une corde
la densité humaine est si forte, je te sens
comme indispensable, omniscient.
à l'apogée de la journée l'eau s'abat sur nous
avec une telle douceur
j'ai mes mains sur ton cou
il y a de quoi perdre conscience ici, sous les brumisateurs.
les basses agitent les corps,
toutes les mains droites qui tiennent des verres
les secousses irresistibles les renversent.
Meduza est.
n'écoutant plus ma fièvre je m'élance sur le sol glissant
jubilant de la rareté de ces instants, de leur puissance.
pleurer parfois ne suffit pas à évacuer
la joie les peines, fatigue-les, va danser.
je donnerais tant pour...
écrire parfois ne suffit pas à tout figer
cela reste quelque part dans un recoin
de ma tête, de mon corps, assez loin
pour ne jamais parvenir à le partager.
cela reste quelque part et ça revient
dans ma tête, dans mon corps, assez loin
à Sziget je me souviens
de la boue sur nos pieds, du goût des omelettes,
des oignons dans le hotdogs, de la bière sur nos lèvres,
du bohneur dans nos oreilles, rien avant n'avait
jamais été pareil, tu entends ?
c'est le bruit du temps qui transforme les souvenirs
en rêves.
