Il monte, deux à deux, les marches de mon escalier.
Il me sourit et m'embrasse sans faire de bruit.
Pendant que le café se fait, il m'enlace tout contre le buffet.
Je ne dis plus mot, noyée sous la tendresse.
Les sentiments sont là, presque palpables
entre nos deux tasses sur la table.
Le temps nous presse. Le temps s'étend.
Nous luttons contre ce temps qui annonce un nouveau présent.
Il sifflote en marchant.
Une main dans sa veste, l'autre dans la mienne.
Il efface les angoisses, les peines d'un seul geste.
Il est simplement là où il faut être.
Ni dehors, ni dedans.
Ni trop près, ni trop loin.
Il tire un trait entre hier et demain. Et tout est là.
Tout est vrai.
Il a la légèreté de son âge que bien d'autres n'ont plus.
Il ne voit pas les mirages, les crevasses, les barrières...
Il se promène au-dessus.
Il a tant à faire.
Il y a dans l'air quelque chose de parfait.
Je ne peux plus m'en défaire, j'y ai trop goûté.
Nous degustons ensemble les instants en rêvant aux suivants.
Ce que j'écris, c'est lui qui me le donne.
Je lui doit tant, lui qui n'y songe pas.
Lui, qui de mes élans s'étonne.
Lui, qui fait parti de moi. Il a mon corps. Il a mon coeur.
On appelle ça l'amour.
Il en a peur.
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