Il y a des fois où l'esprit demande du bruit, plus de bruit,
de la violence pour s'apaiser. Je met de l'énergie à bouillir
dans mes écouteurs. La musique repose le cœur quand elle crie
pour lui. Elle nettoie si bien les plaies.
Je pense qu'elle a raison, il y a des transitions liant des
phases. Aimer est une transformation soudaine de repères,
une révolution des valeurs organisées, le changement des
sens de priorité et peut-être la découverte de soi en vérité.
Alors on se laisse emporter par ce flot de désirs nouveaux.
On investit l'autre de sa vie entière. On ne mise plus que
sur son dos. Qui étions-nous avant ? Aucune importance.
Nous avons rompu avec hier.
Et moi, le malheur, c'est que je sais tout ça. Je me vois
aveugle, je me vois aliénée de tout mon corps à toi.
Je voudrais refaire le lien avec moi-même. Car pour être,
être la tienne ne peut suffire. Mais il m'est impossible
de fuir. Alors voilà que tout mon esprit se tâche se petites
haines indicibles. Des petits rien, mauvais, pour te tenir
à distance tout en te gardant à mes côtés.
Je ne veux pas, je ne peux pas, vivre à travers toi.
Toute conscience cherche solution à son à problème.
Je me raccroche au mauvais pour montrer à mon
cœur que tu ne mérites pas tant d'attention.
J'aime cette idée de dissociation. Amener un organe
à lutter contre ses instincts, c'est idiot mais
j'aime bien.
Toute ma conscience me répète depuis des mois
ces mêmes mots en chaine.
Tu as un problème, tu as un problème,
tu as un problème...
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