
Je détruit conscieusement la bougie de mes doigts.
Tu attends que je m'explique.
Tu reviens sur le sujet, me cuisine, me scrute de tes deux yeux.
Je ne suis plus qu'un mur qui te sourit.
Je ne dirais rien.
Mon mutisme te réponds déjà très bien.
Tu as envie de m'entendre dire ce que tu soupçonnes si fort au fond de toi.
Mais, soyons franc, ça me fait chier de faire le premier pas.
Tu m'embrasses avant de partir. C'est toujours aussi doux. C'est à ce moment qu'on avoue tout.
Sans un mot, sans ceux qui voudraient alors sortir.
Le bruit du silence je le connaissais.
Mais aujourd'hui c'est comme si j'entendais des murmures interieurs,
jamais formulés.
Sous la pluie je marche, les larmes aux yeux.
Je ne pleure pas car je ne saurais pas pourquoi.
Tristesse, bonheur, non, non c'est autre chose.
C'est autre chose.
Je me couche dans mon petit lit mal fait.
Et j'attends un mot de toi pour m'apaiser.
J'ai besoin de toi pour marcher tout droit, j'ai besoin
de toi pour compter les mois, j'ai besoin de toi...
pour croire en moi.
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