
J'avais trouvé le bonheur, celui que les heures n'arrêtent pas.
Tu étais là, du matin au soir.
Tu souriais, tu posait ta main sur ma tête comme sur celle
d'un animal souffrant. Je me lovait dans tous les creux
de ton corps. Jamais je n'ai eu peur.
A des kilomètres de nos repères, on était chez nous, partout.
C'est cela être amoureux.
Je sais pas retransmettre par les mots ce que je ressentais
dans ces moments. J'ai pleuré devant sa guitare, dans tes bras,
une dernière nuit là-bas. Je parlais, à moi-même, tout bas,
j'aurais voulu que tu m'entende murmurer... ma vie t'appartiens.
Le passé est si dérisoire. J'ai tellement aujourd'hui, bien plus
que tout ce que j'ai pu perdre ces dernières années, ce qu'on
pu me prendre des fantômes et leurs actes manqués.
A notre retour quelque chose avait changé.
Cette entrevue de vie rêvée et le trait que nous allions devoir
tirer dessus. Se séparer, se retrouver, la distance, le temps.
Tous ces paramètres redevenus maîtres de la logique.
Tyranniques. Et mes souvenirs sont parfois lourds et rassurants.
Alors, c'est ainsi, vivre sans, aller vers ce nouveau présent.
Allonger le bras vers le vide de son lit.
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