08/04/2011

6 mars 2008



On n'arrête pas de parler tous les deux.
Des autres, de nos musiques, de notre histoire
un peu... Mais de l'autre ? Celui que l'on étreint,
celui à qui l'on parle, on n'en dit
trois fois rien. Il est là tout proche mais
évoqué dans des phrases vagues, qui commencent
hasardeuses et ne trouvent jamais leur fin.
Si bien que mon silence devient remord une fois
que je ne t'ai plus là, devant moi.
Je rumine mes non-dits et j'en veux aux tiens.
Tu ne te doutes pas que souvent je divague.
Tu ne comprendrais pas.
Quand tu m'appelles quelques minutes, je blague,
je te fais sourire, mais quand tu raccroches
je lutte pour ne pas t'écrire alors :
j'ai peur que tu ne m'aimes plus.
Car ta voix m'est étrangère sans ce corps que je
peux toucher. De ce que tu me dis, rien ne m'apaise
mais tout m'abîme. Je me raccroche à mes souvenirs
pour chasser le présent qui écorche mon envie d'aimer.
De t'aimer. C'est surement ce que je fais le mieux.
T'aimer d'un amour calme, qui se contient, qui reste
sagement à sa place, attendant qu'on l'appelle.
Un amour, bridé de peur et de fierté, qui bout et
qui déborde. Je nettoie seule mes flaques, passe
le sol à la javel pour que lorsque tu arrives tout
soit propre, tout soit clair. En somme, je m'asphyxie
de mon air.
Alors que toi tu tarit le flot à sa source, tu as
construit de grands barrages autour de ton cœur.
Aucun risque qu'il t'inonde, tes digues son solides.
Je me brise les os à m'y cogner, mais peu importe,
si elles font ton bonheur. C'est cela s'adapter
j'imagine...
Et c'est bien là ton seul trait qui m'indispose.
Même si j'ai tant répété que cela arrangeait
mes affaires... il s'agissait de combattre
l'eau de rose. Mais tu sais, j'en suis gorgée,
comme une serpillère.
Plus qu'hier moins que demain.
Essore-moi des deux mains au-dessus de la mer
et allons nager un peu plus loin.

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