Je n'aime pas l'absence.
Moi non plus je n'aime pas ces distances.
Les jolies retrouvailles quand elles se répettent
perdent de leur goût de fête, elles ne veulent plus
rien dire, à part "je vais repartir".
Vivre comme entre parenthèses.
De l'attachement, à la dépendance, à la passion.
Jusqu'à une mutuelle vivisection.
Laisse moi alors, sèche tes larmes et retourne-toi.
Si quelques ombres suffisent. Si tu as bien calculé
le rendement, les rapports qualité-prix de nos efforts.
Mais vois-tu, moi je n'en fais aucun.
Le matin je me réveille, je te souris. C'est parceque
je suis bien.
Pas aujourd'hui c'est vrai. Et l'après-midi m'a pris
comme un grand vent de sibérie. J'ai eu envie de fuir,
de me protéger. Et plus je faisais le point, plus
je tournais en rond, plus j'avais besoin de tout changer.
Couper des cheveux ne suffit pas c'est vrai.
Je cherche des boucliers et peut-être même d'autres bras.
C'est une politique de réarmement.
Je me prépare au repli, à l'attaque par surprise, je serais
prête à toute éventualité. Normalement...
Je ne m'amuserais pas à vérifier si tu m'aimes.
J'ai pensé à des test, des épreuves mais c'est inutile.
Je vois bien dans tes yeux que tu manques de choses
à me donner, que c'est de plus en plus difficile.
Lorsque l'on en vient à peser le pour et le contre
c'est que l'on sent deja les poids de chaque côté.
Tu ne pensais tout de même pas que ça allait glisser
sur moi sans rien accrocher.
Tes phrases restent là, bien vivantes, elles se mélangent
dans mon corps, plus lucides, plus absurdes encore qu'hier.
Cela aura duré un an, ce doux repos de mon âme.
Ton mouchoir plein de larmes.
Quelques mégots pas terre.
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