Je me demande si en écrivant ce que j'aimerais te dire j'aurais toujours le cœur aussi gros. Est-ce que ça m'aggraverait le cerveau ou le soulagerait? Je ne sais pas, je ne l'ai jamais fait en fait, c'était toujours des phrases détournées. Des trucs sinueux, avec plus ou moins de reflets.
Ne me parlez pas, mes sanglots sont toutes griffes dehors.
"Holala tu dois avoir des problèmes toi." Il referme la porte, avec
ce ton de bien-fait-pour-toi. Lui aussi est triste. Mais il est surement
moins méchant que moi. Pourtant il est aussi seul.
Fin de la parenthèse.
Il faudrait que je m'essaie. Mes yeux brillent, c'est le moment d'ouvrir
les valves. La gorge qui serre. Cette envie de pleurer, le visage qui
gonfle de larmes qui ne sortent pas. Une sale soirée. Parce que tu n'es pas
là.
Parfois je commence à écrire en me disant que je t'enverrais le résultat mais dès que la page devient trop triste, dès que mes mots deviennent trop suaves, je change vite d'avis. Lorsqu'après je te vois je me réjouis que tu n'ai pas lu tout ça. J'ai trop peur de ce que cela pourrait changer.
Je t'écoute me dire que la vie est jolie.
Tu rends ma vie trop contrastée. Voilà c'est dit. Voilà je t'avoues.
Voilà je me livre, faible, à bout, à vif. Le bonheur que tu m'apportes devient un poids lorsque tu repasses ma porte pour la deuxième fois.
Ce sont encore des images tu vois, je n'arrive pas à écrire, même dans une lettre fictive, que tu me nuis. Non. Désolée. Pas ça. Tu n'as rien fait.
C'est parce que je t'aime que tu me nuis.
Tu ne me nuis pas à la deuxième personne du singulier. Tu me fais mal mais c'est moi qui ouvre les plaies. Je saigne un peu sur toi.
Console-moi s'il te plaît. Console-moi.
Consolide-moi.
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