13/04/2011

22 octobre 2008


quelqu'un peut-il nous dire où nous sommes.
dans un parc changé pour l'occasion en un semblant de paradis.
il y a des tentes, grandes, blanches.
des bars à perte de vue.
l'herbe est si sèche que le sol est un tapis de paille.
nous marchons, tu es torse nu.
les foules circulent en un flot continu de bétail.
les gobelets s'entassent, les poubelles débordent.
je m'accroche à ta main comme une corde
la densité humaine est si forte, je te sens
comme indispensable, omniscient.
à l'apogée de la journée l'eau s'abat sur nous
avec une telle douceur
j'ai mes mains sur ton cou
il y a de quoi perdre conscience ici, sous les brumisateurs.
les basses agitent les corps,
toutes les mains droites qui tiennent des verres
les secousses irresistibles les renversent.
Meduza est.
n'écoutant plus ma fièvre je m'élance sur le sol glissant
jubilant de la rareté de ces instants, de leur puissance.
pleurer parfois ne suffit pas à évacuer
la joie les peines, fatigue-les, va danser.
je donnerais tant pour...
écrire parfois ne suffit pas à tout figer
cela reste quelque part dans un recoin
de ma tête, de mon corps, assez loin
pour ne jamais parvenir à le partager.
cela reste quelque part et ça revient
dans ma tête, dans mon corps, assez loin
à Sziget je me souviens
de la boue sur nos pieds, du goût des omelettes,
des oignons dans le hotdogs, de la bière sur nos lèvres,
du bohneur dans nos oreilles, rien avant n'avait
jamais été pareil, tu entends ?
c'est le bruit du temps qui transforme les souvenirs
en rêves.

18 octobre 2008



Je n'aime pas l'absence.
Moi non plus je n'aime pas ces distances.
Les jolies retrouvailles quand elles se répettent
perdent de leur goût de fête, elles ne veulent plus
rien dire, à part "je vais repartir".
Vivre comme entre parenthèses.
De l'attachement, à la dépendance, à la passion.
Jusqu'à une mutuelle vivisection.
Laisse moi alors, sèche tes larmes et retourne-toi.
Si quelques ombres suffisent. Si tu as bien calculé
le rendement, les rapports qualité-prix de nos efforts.
Mais vois-tu, moi je n'en fais aucun.
Le matin je me réveille, je te souris. C'est parceque
je suis bien.

Pas aujourd'hui c'est vrai. Et l'après-midi m'a pris
comme un grand vent de sibérie. J'ai eu envie de fuir,
de me protéger. Et plus je faisais le point, plus
je tournais en rond, plus j'avais besoin de tout changer.
Couper des cheveux ne suffit pas c'est vrai.
Je cherche des boucliers et peut-être même d'autres bras.
C'est une politique de réarmement.
Je me prépare au repli, à l'attaque par surprise, je serais
prête à toute éventualité. Normalement...

Je ne m'amuserais pas à vérifier si tu m'aimes.
J'ai pensé à des test, des épreuves mais c'est inutile.
Je vois bien dans tes yeux que tu manques de choses
à me donner, que c'est de plus en plus difficile.
Lorsque l'on en vient à peser le pour et le contre
c'est que l'on sent deja les poids de chaque côté.

Tu ne pensais tout de même pas que ça allait glisser
sur moi sans rien accrocher.
Tes phrases restent là, bien vivantes, elles se mélangent
dans mon corps, plus lucides, plus absurdes encore qu'hier.
Cela aura duré un an, ce doux repos de mon âme.
Ton mouchoir plein de larmes.
Quelques mégots pas terre.

8 octobre 2008




Qu'est-ce qu'il me reste à écrire. Sur toi.
Qu'est-ce qui n'a pas été dit...
Tes yeux scintillent, ils pourraient se
refléter dans tes raviolis.
Tellement tu es content, tellement tu me
fais envie.
Continues, parle-moi de ces filles-la, qui
te tournent autour quand moi je n'y suis pas.
Te reconquérir, te marquer au fer, te marquer
la peau de mes doigts et de mes lèvres.
Te regarder calmement jouir, et tomber contre
moi. T'avoir là, dans mon cou. Te garder au
chaud et manger ton sourire.
Voilà ce qui passe dans ma tête durant tes
récits de petites conquêtes.
Moi aussi je me crée des suspens en croisant
des regards, dans les salles de cours, dans
les couloirs. En volant des images de
silhouettes, en m'attardant sur des visages.
Jouer avec des petites bougies, en allumer.
Se les donner pour souffler dessus.
Un jour peut-être l'incendie et moi crachant
sur les flammes, la panique, la mort de l'âme.
Et puis quoi encore, il suffira d'un orage
pour nous retrouver, trempés de regrets,
s'attraper un bras, se retenir un peu.
Tu ne me perdras jamais.
Même si je n'en sais rien... j'écris
ce que je veux. Point.

24 septembre 2008



J'avais trouvé le bonheur, celui que les heures n'arrêtent pas.
Tu étais là, du matin au soir.
Tu souriais, tu posait ta main sur ma tête comme sur celle
d'un animal souffrant. Je me lovait dans tous les creux
de ton corps. Jamais je n'ai eu peur.
A des kilomètres de nos repères, on était chez nous, partout.
C'est cela être amoureux.

Je sais pas retransmettre par les mots ce que je ressentais
dans ces moments. J'ai pleuré devant sa guitare, dans tes bras,
une dernière nuit là-bas. Je parlais, à moi-même, tout bas,
j'aurais voulu que tu m'entende murmurer... ma vie t'appartiens.
Le passé est si dérisoire. J'ai tellement aujourd'hui, bien plus
que tout ce que j'ai pu perdre ces dernières années, ce qu'on
pu me prendre des fantômes et leurs actes manqués.

A notre retour quelque chose avait changé.
Cette entrevue de vie rêvée et le trait que nous allions devoir
tirer dessus. Se séparer, se retrouver, la distance, le temps.
Tous ces paramètres redevenus maîtres de la logique.
Tyranniques. Et mes souvenirs sont parfois lourds et rassurants.
Alors, c'est ainsi, vivre sans, aller vers ce nouveau présent.
Allonger le bras vers le vide de son lit.

3 septembre 2008



Certaines mangent du nutella à même le pot en pleurnichant...
moi c'est les carottes râpées. C'est qu'il arrive d'avoir
l'impression de vivre une rupture, sans quitter personne.
Chaque époque a ses risques que le temps ignore. On ne
contourne pas les évènements. On ne les combat pas forcement.
On les partage, au moins. Partager serait-ce encore mouiller
l'épaule de celui qui vous entoure de ses bras ?

"Si tu savais le nombre d'heure où nous sommes face à face.
Si tu savais tous les bonheur auxquels je voudrais laisser la place. Je rentre et je télécharge des films. N'importe quoi pour oublier le crime de n'avoir que des armes pour lutter et de ne pas savoir tout simplement t'aimer."

De l'incompétence de vivre d'un seul corps. Il m'en faut deux.
Le mien et l'autre pour le manger, le cogner, le caresser,
le regarder. Pour m'en faire un oreiller.
Et tout ça revient, c'est comme la mer et la marée.

18 août 2008



Je me demande bien si comme la musique, l'amour amplifie
toutes les sensations. Il te rend si émouvant, comme peuvent
l'être si souvent les rues que je traverse, en chantant doucement.
Dans ma tête. Il ya toi. Tu as main mise sur mon être.
C'est si peu de le dire et cela se sent tellement que tu n'as
pas le besoin que je t'exprime cette marée de choses
douces-amères. Mais si je me tais je risque la noyade.
La petite fille désarmée est tombée amoureuse à force
de rigolades, de regards familiers...
Il est comme un ami d'enfance, il est comme celui que
l'on embrasse pour la première fois à huit ans et demi,
son innocence tenace et son enthousiasme nous poursuit.
Jusqu'à provoquer le manque dès qu'il s'en va.
Jusqu'à se suffire à lui même. Non ne parle pas.
Reste juste là, toi et ton corps qui m'appartient,
carresse moi la main, regarde un film avec moi,
je poserais ma tête sous ton menton en mangeant
tes doigts et nous lutterons contre les désirs fugace
qui nous détourne de l'image.
Ha, mirage, lorsque j'ai l'impression que tu vas arriver
ici, un casque dans une main, l'air toujours paisible,
l'air de rien. Je serais alors tellement bien.

5 juillet 2008



Je me sens si proche quand tu es loin.
Si loin lorsque tu me prends la main.

Je t'imagine dans le sable, dans l'eau.
Moi je suis restée ici et je tue
le temps. Je le tue bien.
Avec tes amis qui te maintiennent ainsi présent.

Tu voudrais que l'on se croise, sans se reconnaître.
Nier un passé
commun, nier l'histoire.
Jouer à à la rejouer, à la réécrire.

Jouer au coup de foudre, au coup d'un soir.
Frémir lorsqu'au-delà
du jeu, les corps se retrouvent.
Mais tu restes à des kilomètres de ma peau.
Mon rêve ne tiens qu'à un souffle dans mon cou,
tes doigts dans le bas
de mon dos.
Un baiser au coin des lèvres, celui qui me rend amoureuse.

Si tu déverses ton amour sur moi, tu m'auras.
A force de regards appuyés.

A force de caresses incertaines.
J'ai envie de toi, mais seulement toi.


4 juin 2008


Je suis comme une enfant. Je trépigne déjà.
J'ai hâte que tu sois là, je dois ranger ma chambre.
Je veux être jolie, je veux réussir aussi.
Je n'ai pas été aussi bien depuis longtemps.
J'ai repeint tous mes coins sombres.
Le ménage en grand.
Je déambule d'un bout à l'autre de l'université
que je vais d'ici peu quitter.
Et ces derniers moments auront été les plus beaux.
Sur toute cette année.
J'ai juste envie de vous dire merci.
Si peu de bas, tellement de hauts. Je ne pensais pas
construire ces choses là en si peu de temps.
Je suis sans cesse à la recherche d'une place parmi
les gens. J'y suis. Vous me donnez l'essentiel :
la légéreté des amitiés qui donnent au quotidien
ce petit goût exquis.

Bonjour, moi c'est Emmanuelle, j'ai (j'avais)
19 ans, je viens de Nice et j'ai choisis
la géographie comme on entre-ouvre une porte
pour regarder ce qui se passe de l'autre côté.
Je suis entrée assez vite. L'odeur m'attirait.
Quelque chose parlait à mes envies.
J'avais une aspiration à quelque chose.
J'ai rencontré cette chose et je vous ai
rencontré vous.
J'aime me laisser porter par ce qui me semble
éffémère et le faire durer. Durer.
Jusqu'à ce soir où je prends enfin conscience
de l'endroit où j'ai mis les pieds.
Jusqu'à me rendre compte que je suis heureuse.
Avec lui, vous, les autres.
Devant moi d'autres portes. J'ai peut-être la clef.
On verra.
Oui on verra bien, demain ou une prochaine fois.

30 mai 2008




Je me suis assise à leur table pour me sentir revivre.
La sociabilisation me sauve, après de longs jours de rumination.
Je pose mon sac, ma trousse, mes livres. Je recopie sagement.
Mon existence n'est pas avec eux, mais ce sont des relations
de substitution. Il relève la tête. Je relève la mienne.
Je cache l'euphorie qui me prend, qui m'as pris. Quelque chose
dans l'air m'appartient. C'est son parfum. Il renvoit à mon
coeur un douloureux mirage. C'est ton parfum. Alors que tu es
à des kilomètres. Dehors les nuages, un peu d'orage, et cette
odeur qui me bouleverse. Je me tient tranquille. Je n'ai pas le
droit d'aller sentir dans son cou ce qui m'emoustille.
Il n'est pas toi. Où es-tu d'ailleurs ? Me fuirais-tu, mon amour,
mon bonheur ? Que fais-tu, qui vois-tu, de quoi es-tu en train de
rire ?

21 mai 2008



Ce qu'il y a de plus doux. Comme si tu me pressais comme un fruit. Un jus sucré et suave. Ce qu'il y a de plus tendre dans mes gestes. La pure volonté d'être ton amante aimante parfaite. Je veux être coton et lave. Que tu me cueilles, que tu me manges, jusqu'au dernier zeste. Que tu en redemandes. Je serais un plaisir perpétuel, inépuisable, pour que tu ne t'éloignes jamais. J'aime à te manquer et j'aime l'entendre. Ce bruissement de désir que font tes yeux. Tout est plus beau à deux. Les matins, les nuits, les fêtes. La musique, les films, les mots. Le corps, le rire, les rêves... arrête !

Tu as raison je me laisse aller à la niaiserie, comme une ado.
Ce ne serait pas sérieux. Mais le serait-ce de devenir vieux ?

15 mai 2008




Il y a des fois où l'esprit demande du bruit, plus de bruit,
de la violence pour s'apaiser. Je met de l'énergie à bouillir
dans mes écouteurs. La musique repose le cœur quand elle crie
pour lui. Elle nettoie si bien les plaies.

Je pense qu'elle a raison, il y a des transitions liant des
phases. Aimer est une transformation soudaine de repères,
une révolution des valeurs organisées, le changement des
sens de priorité et peut-être la découverte de soi en vérité.

Alors on se laisse emporter par ce flot de désirs nouveaux.
On investit l'autre de sa vie entière. On ne mise plus que
sur son dos. Qui étions-nous avant ? Aucune importance.
Nous avons rompu avec hier.

Et moi, le malheur, c'est que je sais tout ça. Je me vois
aveugle, je me vois aliénée de tout mon corps à toi.
Je voudrais refaire le lien avec moi-même. Car pour être,
être la tienne ne peut suffire. Mais il m'est impossible
de fuir. Alors voilà que tout mon esprit se tâche se petites
haines indicibles. Des petits rien, mauvais, pour te tenir
à distance tout en te gardant à mes côtés.

Je ne veux pas, je ne peux pas, vivre à travers toi.

Toute conscience cherche solution à son à problème.
Je me raccroche au mauvais pour montrer à mon
cœur que tu ne mérites pas tant d'attention.
J'aime cette idée de dissociation. Amener un organe
à lutter contre ses instincts, c'est idiot mais
j'aime bien.

Toute ma conscience me répète depuis des mois
ces mêmes mots en chaine.
Tu as un problème, tu as un problème,
tu as un problème...

2 mai 2008


Tu n'aimes pas te réveiller sans moi.
Tu n'aimes pas les olives sur les pizzas.
Tu n'aimes pas quand je chantes en français.
Tu n'aimes pas les cuisses du poulet.
Tu n'aimes pas beaucoup le téléphone.
Tu n'aimes pas trop les filles connes.
Tu n'aimes pas ton ventre, ta voix.
Tu n'aimes pas que l'on parle mal à ton chat.
Tu n'aimes pas quand je pleure.
Tu n'aimes pas la cuisine au beurre.
Tu n'aimes pas faire la bise aux garçons.
Tu n'aimes pas qu'on te donne des leçons.
Tu n'aimes pas les habits froissés.
Tu n'aimes pas souvent danser.
Tu n'aimes pas parler de tes parents.
Tu n'aimes pas étaler des sentiments.
Tu n'aimes pas tu ne sais pas mentir.
Tu n'aimes pas penser au pire.
Tu n'aimes pas l'argent qu'on gâche.
Tu n'aimes pas attention à la marche.
Tu n'aimes pas quand je te prends en photo.
Tu n'aimes pas tant que ça les mots.
Tu n'aimes pas mes chaussettes roses.
Tu n'aimes pas demander les choses.

Tu aimes qu'elles arrivent.
J'arrive.
Tu aimes ne pas avoir à les dire.
Je t'écoute sourire.
Tu aimes que je sois heureuse.
Je suis heureuse puisque je t'aime.


14 avril 2008


Je me demande si en écrivant ce que j'aimerais te dire j'aurais toujours le cœur aussi gros. Est-ce que ça m'aggraverait le cerveau ou le soulagerait? Je ne sais pas, je ne l'ai jamais fait en fait, c'était toujours des phrases détournées. Des trucs sinueux, avec plus ou moins de reflets.


Ne me parlez pas, mes sanglots sont toutes griffes dehors.
"Holala tu dois avoir des problèmes toi." Il referme la porte, avec
ce ton de bien-fait-pour-toi. Lui aussi est triste. Mais il est surement
moins méchant que moi. Pourtant il est aussi seul.
Fin de la parenthèse.

Il faudrait que je m'essaie. Mes yeux brillent, c'est le moment d'ouvrir
les valves. La gorge qui serre. Cette envie de pleurer, le visage qui
gonfle de larmes qui ne sortent pas. Une sale soirée. Parce que tu n'es pas
là.

Parfois je commence à écrire en me disant que je t'enverrais le résultat mais dès que la page devient trop triste, dès que mes mots deviennent trop suaves, je change vite d'avis. Lorsqu'après je te vois je me réjouis que tu n'ai pas lu tout ça. J'ai trop peur de ce que cela pourrait changer.

Je t'écoute me dire que la vie est jolie.

Tu rends ma vie trop contrastée. Voilà c'est dit. Voilà je t'avoues.
Voilà je me livre, faible, à bout, à vif. Le bonheur que tu m'apportes devient un poids lorsque tu repasses ma porte pour la deuxième fois.
Ce sont encore des images tu vois, je n'arrive pas à écrire, même dans une lettre fictive, que tu me nuis. Non. Désolée. Pas ça. Tu n'as rien fait.

C'est parce que je t'aime que tu me nuis.
Tu ne me nuis pas à la deuxième personne du singulier. Tu me fais mal mais c'est moi qui ouvre les plaies. Je saigne un peu sur toi.
Console-moi s'il te plaît. Console-moi.

Consolide-moi.

10 avril 2008


Face à face avec un ciel gris.
Les seuls rayons de soleil de la journée ont été pour nous.
N'est-ce pas un signe ? L'horizon se rebouche.
Je me recouche dans ce grand lit froid jusqu'à la prochaine
éclaircie. Demain on a prévu des orages.
Je suis tellement déçue. Pas de lui bien sûr, pas de lui.
C'est juste que dans la rue, je tiens la main à mon
parapluie. Et je l'aime pas, d'ailleurs souvent je l'oublie
chez moi.
Oui, oui nouche, tu as bien raison d'employer des métaphores
aujourd'hui, ça masque tes caprices d'enfant qui pleure
si fort... qu'il en mériterais trois tartes.
Oh mais moi je veux seulement récupérer ma place, là
où tes bras s'écartent, pour se poser partout sur moi.
Quand je dors. Et quand je ne dors pas.
C'est quoi déjà ? "Encore", "prends-moi" ?
Et dans "je t'aime", il y a "garde-moi".

T'as pas une tête d'ange, mon cœur, t'as une gueule d'amour, bébé, peau de pêche, d'orange, tu te la ferme et tu te la mange mon grand, mon joli minois que j'embrasse et que je noie sous des flots de paroles en l'air qui retombent, des giboulées d'envies, je mouille, des yeux aussi chéri qu'est-ce que tu crois, que j'ai envie de toi, d'accord, d'accord je m'en vais mourir puisque tu me le demande, tu seras enterré avec moi, je m'accrocherais à ton pied comme un boulet , tu couleras.

Oh ça va je plaisante. On sera vieux devant ta cheminée, on comptera nos petits enfants, sur nos genoux plein de minets...

Ha non, je n'ai pas terminé, on sera riches grâces à nos actions panzani et on ira manger des pizzas avec nos amis... raoul sinier, apparat et aphex twin.

Haha.

08/04/2011

31 mars 2008

La route est sinueuse.
Nous avançons et je sais à peine où nous allons. Il fait nuit déjà. Il conduit imprudemment mais ce n'est pas l'important. Il a mis de la musique très fort.
Elle est comme un pansement qui colle parfaitement à l'air. Il sent le silence pourtant sur la banquette arrière et nous demande si le son nous dérange.
"Non, non" en coeur. Ce coeur qui serre. Ton visage est tourné contre la vitre. Je ne te regarde pas, je n'ai rien à te dire. J'ai ta main dans la mienne et je la serre lorsque tu essuies une larme. Peut-être que je l'ai rêvé, qu'importe.
L'envie devait y être.


Plus tard il a sorti un fusil. La nuit, toujours le noir. Et je me réfugie là où il est le plus sombre comme s'il me sauverait la vie. J'attends qu'ils cessent de s'amuser. Tout est pareil à mes cauchemards. Le muret est froid et ses chaussures ne sont pas à moi. Je t'entends venir "qu'est-ce qu'il y a". Il y a que je respire mal. Il y a que le noir et les armes me font penser à la mort. Il y a que ce soir j'ai tes drames en travers de la gorge. Il est mort et je ne le connaissais pas. On ne devrait pas pouvoir mourir à cet âge-là. Tu entends. Bien sûr que tu comprends. Je sens ta tristesse si fort que j'en tremble. Tu m'emmènes plus loin. En quelques phrases j'avais percé l'abscès et tu pleures à présent par besoin. Tu me racontes l'accident. Tu me racontes les parents, les amis, l'enterrement. Je t'écoute. En fixant une statue de la vierge marie au bord de la route.

28 mars 2008



Je sens bon la crême et le parfum.
Je déambule enfin...
Relire les livres de ma vie et
presque... je m'envie.
Tant que la douceur dure,
viens, viens,
nous avons fières allures,
je t'allume d'un rien.
Tu brilles, là sous mes côtes.
Et je chantes.
Tu es dans chaques notes.

24 mars 2008



Je reçois des messages. De toi.
J'en renvois.
C'est un rythme quotidien fait de nuits
et de matins. Le silence que fait le moment
où l'on attend les prochaines phrases.
Contenir son emphase et la plier en quatre.
Faire rentrer l'amour dans un petit cadre.
Avec le minimum de mots, faire passer des
tirades, des monologues, des déclarations...
Avouer, à demi-son.
Une fois l'élan envoyé, rougir en solitaire.
Les échanges avec la réalité désèspèrent.
Une réponse, il faut une réponse, faite du
même velour qui tapisse l'éspoir.

19 mars 2008






La cigarette c'est mon amie.
Elle me tue. Chacun apporte sa pière à l'édifice.
C'est difficile de vivre seule.
Je sculpte des volutes en musique, je pue de la gueule.
Je crache un vent de volupté pour étouffer l'angoisse.
J'endors mon coeur qui bat.
Je terrasse mes nerfs dégueulasses.
C'est une lettre à moi-même, chaque soir.
Personne pour me voire là, lasse et esseulée.
Comme une gosse je pleure, avant d'aller me coucher.
Je ne sais pas ce qu'il fait.
Je ne sais pas et je tremble.
Toutes ces attentes se ressemblent.
Ce moi de mars est si froid que je sue mon amour par tous les ports.
Je sens des vagues cherchant à me faire passer par-dessus bord.
Au-dessus, en-dessous, je ne comprends plus.
J'ai l'impression de tout perdre lentement.
Un soldat qui meurt de ce qu'il croyait vaincu.

16 mars 2008



Le temps n'est plus une valeur sûr.
Je ne connais que la valeur des mots.
J'en reviens toujours au silence.
Je tourne autour du pot.
Je tombe au fond d'un puit,
au pied du mur.
Violence.

Tu avances et me dis viens.
Je remonte à la surface.
Tu reste immobile et ne dis rien.
Je ne trouve plus ma place.

Je te pose mille questions.
Te reproches mille détails.
Derrière de légères impressions.
Mes peurs sont de tailles.

Il te suffit juste de me prendre.
Contre toi pour que ça passe.
Il te suffit juste d'apprendre.
Comment faire fondre ta glace.


Je te pose mille questions.

Je tourne autour du pot.

Je remonte à la surface.

Contre toi pour que ça passe.

6 mars 2008



On n'arrête pas de parler tous les deux.
Des autres, de nos musiques, de notre histoire
un peu... Mais de l'autre ? Celui que l'on étreint,
celui à qui l'on parle, on n'en dit
trois fois rien. Il est là tout proche mais
évoqué dans des phrases vagues, qui commencent
hasardeuses et ne trouvent jamais leur fin.
Si bien que mon silence devient remord une fois
que je ne t'ai plus là, devant moi.
Je rumine mes non-dits et j'en veux aux tiens.
Tu ne te doutes pas que souvent je divague.
Tu ne comprendrais pas.
Quand tu m'appelles quelques minutes, je blague,
je te fais sourire, mais quand tu raccroches
je lutte pour ne pas t'écrire alors :
j'ai peur que tu ne m'aimes plus.
Car ta voix m'est étrangère sans ce corps que je
peux toucher. De ce que tu me dis, rien ne m'apaise
mais tout m'abîme. Je me raccroche à mes souvenirs
pour chasser le présent qui écorche mon envie d'aimer.
De t'aimer. C'est surement ce que je fais le mieux.
T'aimer d'un amour calme, qui se contient, qui reste
sagement à sa place, attendant qu'on l'appelle.
Un amour, bridé de peur et de fierté, qui bout et
qui déborde. Je nettoie seule mes flaques, passe
le sol à la javel pour que lorsque tu arrives tout
soit propre, tout soit clair. En somme, je m'asphyxie
de mon air.
Alors que toi tu tarit le flot à sa source, tu as
construit de grands barrages autour de ton cœur.
Aucun risque qu'il t'inonde, tes digues son solides.
Je me brise les os à m'y cogner, mais peu importe,
si elles font ton bonheur. C'est cela s'adapter
j'imagine...
Et c'est bien là ton seul trait qui m'indispose.
Même si j'ai tant répété que cela arrangeait
mes affaires... il s'agissait de combattre
l'eau de rose. Mais tu sais, j'en suis gorgée,
comme une serpillère.
Plus qu'hier moins que demain.
Essore-moi des deux mains au-dessus de la mer
et allons nager un peu plus loin.

27 février 2008





Je fais parti de ces gens qui aiment se regarder le nombril
en pretexant faire le point. Ces gens voyent loin... mais
loin derrière et rebrousse chemin en y trouvant des symboles
débiles. Je suis comme eux. J'ai l'impression d'avoir tant
vécu alors que je ressemble plus à un embryon qu'à un
vieux sage. Comme moi ces gens se complaisent à tourner
au fond de leur cage, comme de vieux lions. Et miaulent
comme des enfants à la première occasion.
Le dialogue avec sois-même occupe. A deux on peut refaire
le monde, seul on se refais sois-même. Et ce jusqu'à
pouvoir avouer, un peu honteux, "oui, je m'aime".
Je fais parti de ces gens qui jouissent du narcissisme
en cachette, seul dans leur tête, en se dévalorisant
sans cesse devant les autres. Ils se trouvent moins
coupables de la sorte.
Mais ce sont les mêmes qui nourrissent une estime sans
bornes pour ceux qu'ils aiment. Et jamais ils ne les
soupçonneraient alors d'un élan de fierté. Et moi je
t'admire pour ton humilité. Tu réussis là où j'échoue
souvent... à être entier.

25 février 2008





Je m'abrutis devant tous les écrans qui croisent ma route.
Des journées à avaler sagement des programmes qui dévient
mes pensées de ton image.
Je gâche mon temps, c'est tellement dommage.
Tout ça ne m' intéresse pas mais je regarde, j'écoute.
Je remplis mon vide d'aliments, de divertissements
abêtissant. Je mange sans appétit, exactement de la
même manière que je vis. J'existe machinalement, je dis
que je m'investis mais dans tous mes gestes, je mens.
Et je crois faire passer tous ces excès avec un litre
d'eau chaude que je bois en fumant une clope de trop.
J'ai les yeux douloureux. La passivité m'anéantit peu
à peu. Je commence à voire des épreuves qui n'en sont pas.
Lorsque le moindre pas nécessite un effort. Je ne me bats
pas car je sais trop bien que cette vie cessera.
Quand je quitterais ce décore. Tant que tu m'aimeras,
je saurait toujours revenir à bon port.

Ici je m'imagine souvent nageant en plein bonheur.
Chaque fois la scène est différente.
C'est un peu une gourmandise du cœur, après des
journées où l'euphorie se fait absente.
Je me vois dans une soirée où tous mes amis
me fêteraient, où devant leur sourire ravis
tu me prendrais dans tes bras. J'y resterais
bien une éternité dans ce genre de tableau.
Le monde me parait alors promis, simple et
simplement beau : mon rêve d'absolu qui ne
tarit pas.

Je crois aussi qu'à distance mes sentiments,
comme une essence, prolongent les moments
passés. Ma tête est un album photos. Celles
dont j'ai besoin pour raviver le souvenir.
Et la douleur, aussitôt de ne pas
pouvoir deja revenir.

21 février 2008




"Louis est-ce que c'était pour de vrai ?"

La question est restée là, en travers de ma gorge.
Je te vois sourire, plaisanter. Je reste sur le canapé
en silence. Tu sais bien de quoi nous n'avons pas parlé.
Je n'y arrive pas.

"Louis faut qu'on parle."

Je l'ai dit. Mais aucune phrase n'a suivit.
Je ne sais toujours pas s'il est mauvais de se
montrer faible à l'autre. De lui dire, voilà,
je suis à ta merci, fais de moi ce que tu
auras envie.

Je ne sais pas si tu as besoin de l'entendre.
Je t'aime, n'est peut-être pas assez tendre.
Il faudrait que je te lise ces pages, et puis
te dire combien je suis heureuse lorsque je
t'entends rire. Ce n'est pas grand chose mais
mon bonheur passe par le tiens. Je n'avais
jamais senti cela aussi bien...

Mais l'écrire est inutile bordel.

Je sais déjà trop bien ce que je vomis là
sur le clavier.

J'ai envie d'aimer comme une envie de pleurer.

J'ai besoin de m'entendre te dire que je
t'aime. Je crois que c'est ça. Je crois
que j'ai besoin de te voire reagir
à ma phrase. Une des plus courtes.
Une des plus lourdes.

5 février 2008





On s'en irait là-bas, les bras chargés.
Ton portail grand ouvert, on démarrerait en
trombe sans se retourner.
Les paysages défileraient, je prendrais des
photos de toi au volant, et on rigolerait
à chaque tournant.

Ailleurs enfin, on respirerait l'heure de
la victoire.
Du bonheur à plein poumons.
On irait se coucher très tard.
A l'hotel il y aurait écrit "Tissot" sur la
réservation.
Un instant je me prendrais pour "madame"
et j'aimerais ça.
Et sur un tronc d'arbre on graverait nos initiales
comme ces gros beaufs que l'on n'aime pas.

Devant les montagnes rien ne me manquerait
alors : la beauté, l'espace, la liberté,
nous au milieu d'un instant parfait.

Je rêve, je rêve à en crever.
Demain j'ai des examens.
Je rêve, je rêve à en oublier le reste.
Realité, comme tu me blesse
comme j'ai envie de te quitter
enfin.

4 février 2008



On veut tous parler.
Seulement personne ne veut écouter.
Chacun déblatère dans le vide,
Chacun laboure sa terre sans se taire.
Les réactions en chaîne draine les
tensions, nous trainent sur des
terrains arides.
Là où rien ne pousse à part les peines.
Je voudrais m'étendre dans la mousse
Et t'avoir à mes côtés.
Ne plus rien dire, ne plus rien faire à part
t'aimer.
Les silences ne guérissent pas
Les trop plein de paroles en l'air.
Sème des mots et tu récolteras
La guerre des coups d'épée dans l'eau.
Et ça fait beaucoup de gens mouillés
Dans des histoires amères.
On me dit qu'elle a dit ça.
Elle me demande pourquoi je raconte.
Peut-être qu'il me frappera
Car la vérité lui fait honte.
En somme je suis coupable
De dire ce que je vois.
Sacrifiez moi sur une table
Et le secret renaîtra.
Mais d'autres viendrons parler
Et d'autres écouteront les mots
De ceux qui pensent tout haut
Et les montreront du doigt.
Et ça fait beaucoup de gens tués
Pour si peu d'aveux.
Etre objectif n'a plus de sens
Il n'y a pas de milieu
Si tu choisis le silence
Tu vivras menteur.
Mais tu vivras vieux.
Débrarrasse toi de tout émois
Et la vie te sera meilleure.
Crois moi.

30 janvier 2008


























Ma vie, celle d'avant toi. Je ne me rappelle pas de la couleur.
Seules des musiques enferment dans leur notes, dans leurs
mots ce que j'étais. Parfois aussi lorsque je file à travers
les rues des scènes me reviennent. Comme des extraits de film
dans lequel il paraîtrait que j'ai joué un rôle.
Des souvenirs plus ou moins drôleS. Je l'embrassais,
lui ou un autre. J'ouvrais des portes, j'entrais dans des
bars, je cherchais dans le noir. Le soir je sortais, lancée
à ma poursuite, pour savoir où mon existence se trouvait.
Elle devait bien se tenir là, quelque part, à une table,
sur un tabouret, attendant sagement que je vienne la prendre
et l'emmener.
Le plus souvent la nuit s'achevait dans un dégoût un peu
plus ancrée dans os. J'en faisait sûrement trop.
Mais il arrivait qu'un corps, un regard prenne un sens.
Je m'approchais pour le toucher, pour sentir que je
vivais encore. M'oublier, déchirée, danser, serrée contre
ce qui me rendait moins seule. Peu importait le décor,
je ne le voyais plus. Il ne restait que mon amour
sortant soudain de son linceul et voulant étreindre le
monde entier.

22 janvier 2008




J'ai cette image. Elle me reste en fond de retine.
Ton sourire que je m'empresse d'embrasser aussi fort
que je le peux.
Je partais déjà, lorsque tout se dénoue, comme un trop vieux
noeud qui casse au bon moment.
On a beaucoup parlé. Avec les yeux.
On a enfin pu rigoler, être à nouveau deux, et passer
au jour suivant.
J'ai d'autre images. Elles me rassurent.

Les mois passent à toute allure.
"Mais laisse-lui le temps aussi."
Il a sûrement raison mais j'ai peine à
lutter contre ce que je suis.

Ma vie réclame ton rire.
Mes doigts n'en veulent qu'à ta peau.
Ca démange et ça tire.
Mais je trouve ça beau.

Le jour où tu ne me manqueras plus.
Je saurais alors ce que j'ai perdu.
Le jour où je n'y penserais plus.
C'est pas demain. Après-demain non plus.
Je te veux dans mes bras, dans mon lit,
dans mes rues, dans mon assiette, je te
mangerais bien tout cru.

Pour le moment tu es loin et j'attends
un signe. Je me nourris de nous.
Les mots s'alignent devant moi mais
c'est parce que je t'attend.
Mon amour n'a pas de nom
mais il est bien vivant.

19 janvier 2008




Je ne sais pas pourquoi tu pleures.
Tu pleures peut-être pour moi.
Moi je ne peux pas. Je ne veux pas.
Tu pleures peut-être de ne pas savoir m'aimer.
Tu m'as jeté à terre, désarmée...

Je me lève titubante, je me resserre un verre.
Je me perds à travers des mots qui ne sont jamais les bons.
Je me perds dans ton regard qui me reproche d'être moi-même.

Cela faisait des jours que je m'y attendais.
Je ne savais plus, avec toi, par où aller.
J'avais comme perdu la saveur du mélange.
Je m'en voulais, je voulais que cela change.

Mais c'est toi qui a pris le tournant.
Hier soir je savais à nouveau.

Mes sentiments sont affligeants.
Plus tu me fais mal, plus ils reviennent au galop.

Pour cela je sais que mon amour ne t'aidera pas
à m'aimer.

Je m'accroche à ton cou. J'ai envie de pleurer.

Tu me serre dans tes bras. Mais ça ne m'aide pas.

Je voudrais fuir. Et te laisser.
Que tu me perdes.
Que tu me regrettes.
Que tu me coures après.

Mais je ne sais pas si tu le ferais...

Le silence me repose. On arrive sur mon palier, il est minuit.
La nuit me fait peur. Me coucher seule m'alanguis.
Je ne sais quoi te dire, dire des mots juste pour te parler.
Juste pour te faire rester.

14 janvier 2008


se souvenir
sans peur
rien d'autre que des sensations enfuies

je dévale la descente de Carlone le coeur battant
car je ne sais jamais
ce qui m'attend

je les rejoins dans un café en ville
je lui serre la main
comme on fuit

sans cesse en mouvement je marchais
vers eux, vers lui
le présent le passé

chaque semaine je m'enlisais
encore un peu dans des pensées
sans issues et sans cesse

je lisais, relisais
des mots qu'aujourd'hui
j'ai effacé sourire aux lèvres

c'est bon de se rappeler
de ce que l'on a oublié

c'est bon de se rappeler
de ce que l'on a oublié

c'est bon de se rappeler
de ce que l'on a oublié
sans même le faire exprès

c'est fort d'être dans tes bras
d'être ce que l'on est
de se sentir aimé

ne m'en veux pas amour
de remuer des cendres
tu peux comprendre

le bonheur d'une jubilation
mon rire m'étonne
après tant de passion

ce qu'il en reste c'est un goût
pour la vie
pour nous

12 janvier 2008


Je détruit conscieusement la bougie de mes doigts.
Tu attends que je m'explique.

Tu reviens sur le sujet, me cuisine, me scrute de
tes deux yeux.
Je ne suis plus qu'un mur qui te sourit.

Je ne dirais rien.

Mon mutisme te réponds déjà très bien.



Tu as envie de m'entendre dire
ce que tu soupçonnes si fort au fond de toi.
Mais, soyons franc, ça me fait chier de faire le premier pas.



Tu m'embrasses avant de partir. C'est toujours aussi
doux. C'est à ce moment qu'on avoue tout.
Sans un mot, sans ceux qui voudraient alors sortir.


Le bruit du silence je le connaissais.

Mais aujourd'hui c'est comme si j'entendais des murmures
interieurs,
jamais formulés.


Sous la pluie je marche, les larmes aux yeux.

Je ne pleure pas car je ne saurais pas pourquoi.

Tristesse, bonheur, non, non c'est autre chose.

C'est autre chose.


Je me couche dans mon petit lit mal fait.

Et j'attends un mot de toi pour m'apaiser.


J'ai besoin de toi pour marcher tout droit, j'ai besoin

de toi pour compter les mois, j'ai besoin de toi...

pour croire en moi.

8 janvier 2008


Pourquoi je n'arrive pas à me mettre au travail. Pourquoi je foire.
Pourquoi je me couche tôt mais m'endors tard.

Pourquoi je ne vis jamais dans le silence. Pourquoi je trouve à tout,

un sens. Pourquoi je mange même sans avoir faim.

Pourquoi de certains jours je n'en vois pas la fin, pourquoi cette attente.

Pourquoi ce dégout pour le dehors. Pourquoi ce téléphone toujours près de moi.

Pourquoi il m'arrive de penser si fort que j'en parle tout bas.

Pourquoi j'aime lire ces magazines qui puent la fille. Pourquoi, pourquoi

je cherche des chansons ridicules. Pourquoi mon esprit vascille de ces mots,

à ma clope, à mon verre d'eau. Pourquoi tant de recul.

Pourquoi ce fond d'écran, ces photos.

Pourquoi cette envie de solitude soudaine. Pourquoi ici je reste des heures

à ne rien faire, ou à peine. Pourquoi la journée ressemble à une lutte.

Pourquoi déblatérer ces phrases dont je connais la chute.

Je connais la chute alors pourquoi noircir encore des pages.

Pourquoi je me complais dans cette cage.

Pourquoi je m'en fou d'à peu près tout en vérité.

Pourquoi d'un seul coup mon cœur affolé se rue sur le clavier, en oublie

l'heure, en oublie les dangers d'un tel laisser-aller.

Pourquoi rien n'y fais, je suis bornée dans ma flemme. Pourquoi cette fatigue

que l'inertie amène.

Pourquoi toutes ces lignes pour ne rien élucider. Élucider ce que je sais déjà.

C'est qu'entre mon ordi, mon imprimante à jets d'encre et mon lit...

tu me manques... ça ne change pas.

6 janvier 2008


Il monte, deux à deux, les marches de mon escalier.
Il me sourit et m'embrasse sans faire de bruit.
Pendant que le café se fait, il m'enlace tout contre le buffet.

Je ne dis plus mot, noyée sous la tendresse.
Les sentiments sont là, presque palpables
entre nos deux tasses sur la table.
Le temps nous presse. Le temps s'étend.
Nous luttons contre ce temps qui annonce un nouveau présent.

Il sifflote en marchant.

Une main dans sa veste, l'autre dans la mienne.

Il efface les angoisses, les peines d'un seul geste.
Il est simplement là où il faut être.
Ni dehors, ni dedans.

Ni trop près, ni trop loin.

Il tire un trait entre hier et demain. Et tout est là.

Tout est vrai.


Il a la légèreté de son âge que bien d'autres n'ont plus.

Il ne voit pas les mirages, les crevasses, les barrières...

Il se promène au-dessus.
Il a tant à faire.

Il y a dans l'air quelque chose de parfait.

Je ne peux plus m'en défaire, j'y ai trop goûté.

Nous degustons ensemble les instants en rêvant aux suivants.

Ce que j'écris, c'est lui qui me le donne.

Je lui doit tant, lui qui n'y songe pas.

Lui, qui de mes élans s'étonne.
Lui, qui fait parti de moi. Il a mon corps. Il a mon coeur.

On appelle ça l'amour.


Il en a peur.

21 décembre 2007


L'ennui se change en angoisse lorsqu'il s'étale et s'éternise dans de l'épaisse fumée grise.
Ca ressemble à un dimanche...
Les autres, ailleurs, s'amusent de bon coeur et moi en attendant, je perds mon temps.
Ca sent l'encens dans ma chambre.
Dans ma chambre c'est le silence.

Mais dans mes oreilles le son bat la mesure.

Dans ma tête, ça fait de la musique quand je pense.
J'envois des messages tristes à mon amoureux qui fait parti de ces autres. Je l'embrasse de ma cage. Mes baisers traverseront les portes et le couvriront de tout ce qui en moi déborde.

La solitude ne me va pas. J'ai beau à chaque fois l'essayer pour
m'admirer ainsi vétue. Rien y fait, je ressemble à une voiture qui n'avance plus.

Bonne pour la casse. Je vais me coucher un peu dégoûtée
un peu lasse.

21 décembre 2007








On vivrait au rythme de ces beat qui frappent ma tête.

On marcherait ensemble sur une route bordée.






Je suis seule mais je te sens moins loin lorsque j'écoute de ta musique.
Il y a un peu de toi dans ces noms d'artiste. Tu es comme là assis sur mes playlistes.

Les heures défilent en stéréo. Les epoques ne sont qu'albums fraîchement téléchargés

et ingérés ensuite par mon coeur. Parfois j'ai peur de me perdre dans l'interface de

mon i-tunes qui s'étend tel un monde dont la surface semble toujours nouvelle.

La musique est belle, la musique est libre, la musique fait mal de toutes les

jouissances qu'elle délivre.



Les sonorité s'en vont dans des courrants bruyants jamais arrêtés.

On en connaît l'issue, on en connaît les codes. On connaît par coeur

le contenu de nos ipods et nous en retombons amoureux chaque jour un peu

plus que la veille. Press play.

9 décembre 2007



Se promener éméchés sur la ligne de tramway. Passer, repasser mes doigts sur ta main dans la salle de ciné, me dire que les clichés ont parfois du bon. C'est une musique dans ma tête que j'apprends à jouer.
Si seulement parfois tu
m'écoutais chanter.
Tu as deviné, évidemment, que j'allais mettre du
sebastien tellier, de quoi d'autre voulais-tu que j'ai envie.
Drift in your eyes, since i love u.
Tu m'embrasses, tu fredonnes, tu souris. Le goût des choses simples, ton bonheur têtu et la tendresse de tes gestes. Tout ça m'a convaincu.
Depuis que j'ai compris que j'avais le droit d'y croire,
j'ai envie d'être avec toi chaque matin, midi et soir.
Je suis toujours dans le "trop" ou dans le "pas assez". Comment te harceler sans t'étouffer si tôt, comment te toucher sans t'en user ta peau, comment te dire des phrases sans y mettre des mots ?
Et chaque jour j'accumule des paradoxes et des questions. Oui ? Non ?
Et chaque nuit passée à tes côtés entraîne un manque toujours plus grand. Où ? Quand ?

Se promener éméchés sur le bord de mer. Tu me couvres de baisers et c'est
comme se perdre ensemble pour enfin se trouver. Je repense à hier. Je repense à ce rire qui ne veux plus me lâcher ou seulement lorsque sous toi je cherche à te faire céder.
Mon amour ne t'éloigne pas d'un pas. Ne me laisse pas entrevoir
un paysage où tu n'y serais plus. J'ai encore à donner et toi à recevoir. Je l'ai attendu, cette histoire. Je l'ai attendu...
Tu es venus sans t'imposer comme solution et pourtant tu étais bien la clef de bien des perditions. Je ne joue pas de rôle, je ne mets rien en scène. Je te promets, j'exagère à peine.
Et chaque jour la musique me fait avouer sur mon clavier. Toujours ? Jamais ?
Et chaque nuit je suis partagées de regrets et de joie.
Et toi ? Et toi que je penses-tu de ce qu'on l'on sème ? Est-ce que l'on s'aime ?

26 novembre 2007

J'ai bien remarqué que lorsque je plonge corps et âme dans la musique c'est parce que
la réalité m'apparaît trop compliquée à mon goût.

Quand je ne sais plus où j'habite
c'est avec mes écouteurs que je quitte tout. La musique ne me montre pas le monde en plus joli, mais elle permet la délicieuse illusion qu'il est en harmonie avec le son. Et je me confond alors avec ce dernier et j'ouvre ainsi les portes du monde entier.



Ce n'est pas vraiment vivre à contre-courant, mais plutôt à côté.


Sans se sentir concerné par

les lieux, les dates, les noms, l'histoire, la vérité ou les souvenirs...

C'est tellement fort
qu'il m'est impossible d'accomplir quoi que ce soit. A part écrire.
C'est dailleurs là la seule porte de sortie à l'extase que je vis telle une implosion presque douloureuse. J'éprouve tant de choses sans savoir vraiment si elles me font mal ou si elles me rendent heureuses.
Je suis toujours seule quand j'écoute de la musique. Quand je suis avec les autres, je l'entends seulement...

22 novembre 2007




Je voudrais ne même pas avoir à en parler de lui. Je ne sais même pas si ça me fait du bien de l'entendre dire qu'il est désolé et que tout est de sa faute. Il me doit de l'honnêteté. Après tout ce que moi je lui ai donné sans jamais rien recevoir. Je ne veux plus le revoir.

C'est un mauvais souvenir qui vient s'excuser d'avoir été aussi mauvais. C'est mon passé qui revient
sur ce qui s'est passé. C'est lui que je vois comme tout ce qui m'a nuit. Et s'il s'en veut vraiment au point de vouloir arranger les choses, qu'il s'en aille, qu'il me laisse le bonheur dans lequel aujourd'hui je me repose.

Je ne laisserais pas l'époque plonger dans une erreur irréparable. Même si je m'ennuie, même si je manque cruellement de repères. Te perdre m'apparaît comme impensable. Je trouve en toi l'ami, l'amant, le frère. Tu m'es si semblable parfois que ça m'effraie. Mais pas autant que ça m'enivre.

Car avec toi tout est vrai.

19 novembre 2007


C'en est assez des mots.

Si je suis là dans ce café, à rire nerveusement,
ce n'est pas pour tromper l'ennui
où je ne sais...
Je bois tes paroles et je t'empresses de finir
tes phrases pour chasser l'angoisse
qui m'écrase.

C'en est assez des mots.

J'ai sans cesse peur de me tromper de sens, de nuance. J'aimerais comprendre ce que
l'on crée. Savoir si l'on s'entendra encore malgré le silence installé entre nous, qui nous regarde parler. Il s'amuse des qui propos. Il joue avec nos mots. Je le tuerais bientôt, juste pour rassurer ton cœur. Je veux plus que tu mettes en doute mes ardeurs.

C'en est assez des mots.

Et pourtant me voilà éveillée si tard pour eux. Je suis un peu l'esclave
des verbes. Je cultive des émotions pour deux.

18 novembre 2007



Soudain tu as voulu partir.
Je suis toujours triste lorsque je te regarde mettre tes chaussures, puis ta veste... et tu restes devant moi avec ce "je m'en vais" dans le regard.
D'un seul coup tu me ressemblais. Pour la première fois je t'ai vu plus sombre, comme égaré.
Chopin avait chargé l'air de quelque chose de lourd. Cela se sentait dans nos yeux et dans nos gestes. Une douleur sourde qui quelque part nous rapprochait encore un peu.
Je sentais alors la difficulté d'être deux mêlé à l'absolu d'un attachement qui nous rendait vivants...
Non décidément, je n'aime pas quand tu décides de t'en aller.
Il y a des choses que tu prends en moi et que tu ne me rends pas. J'ai besoin de toi pour me sentir entière.
Bien joué.
En quelques minutes tu avais réussi à effacer tous les doutes, toutes mes défenses. Mais il me reste une carapace. Une dernière.

" Parfois j'aimerais... entrer dans ta tête pour y lire tes pensées
mais je pense que je serais déçue...
- Oh non."

Tu m'as serré dans tes bras.
Quand j'y repense j'aimerais pleurer. Tout est si vrai.
Tout est si silencieux lorsque je voudrais hurler.
Plus les jours passent, plus j'ai du mal à imaginer que tu ignores tout.
Comment vois-tu les choses entre nous ?
Que me faut-il te montrer pour que tu réalises ce que tu ne vois
toujours pas ? Car tous le monde autour le sait déjà.

6 novembre 2007


dévoiler le cours du temps, dévoiler la nuit.
rien n'est plus clair pour autant, et tout est plus effrayant. j'aimerais revoir les choses, comme je les voyais avant. telles qu'elles ne sont pas... dévoiler, dévoiler.

l'écriture est aisée mais les paroles dures à exprimer.
des mots murmurés que tu n'entendras pas.
car emportés par le vent.

mes cheveux dansent, mon chapeau s'envole.
dans le souffle de ce que je tais.
j'aimerais jeter mon cœur sur le sol.
qu'il s'éteigne à jamais.

"toujours" et "jamais" sont des mots usés.
qui souvent collent à mes phrases.
j'aimerais que l'on m'écrase.
pour ne plus penser ces choses.
telles qu'elles ne sont pas...



ces regards que je te lance.

rencontrent-ils ton cœur.
ou seulement tes deux yeux rieurs.
qui n'en saisissent pas leur sens.

je t'en pris ne dis pas que
"ça viendra".
lorsque moi toute entière j'en suis déjà épris.

s'il te plait laisse moi me bercer.
dans l'incertitude de tes baisers.
s'il te plait laisse moi encore un peu.
croire que je suis aimée.

il me semble qu'il est maintenant trop tard.
pour que j'oublie tes mots.
je m'en vais plus loin car l'espoir.
me rattrapera bientôt.

et je ne supporterai pas de te voir.
au fil du temps rester le même.
sans pouvoir t'entendre dire.
"moi aussi je t'aime".

4 novembre 2007



On ne peut prendre goût à la solitude. On s'enivre facilement de son inverse. Lorsque qu'un simple souffle dans le cou peut faire tomber à la renverse.
Cela dit une fois isolé, l'individu ne sait plus vers quoi aller. Il ne sait quoi décider, que choisir.
Affecté d'un manque, il aspire à retrouver celui qui est plein de ce dont il a besoin. Mais ce qu'il
recevra ne pourra le rassasier. Il est de ces choses que l'on déguste et qui nous affament. Se nourrir de regards et d'odeur est un bien sombre manège qui nous exalte. Il ne s'arrête qu'avec le temps, qu'avec des drames.

Ces nuits chastes je m'en souviendrais comme une preuve de ton besoin de m'avoir avec toi. Juste pour le plaisir de se réveiller côte à côte, de pouvoir me raconter tes rêves loufoques...
Mais cette abstinence n'as rien d'autre de bon. J'ai peur de te perdre, que tu en perdes la raison.
J'en veux au monde...

30 octobre 2007



C'est un baiser sur le front au réveil. C'est un regard posé sur toi.
C'est une main posée sur ta jambe et une autre qui prend la tienne.
C'est un baiser dans le cou, un message envoyé pour ne rien dire du tout.
Ce sont des mots qui laissent entendre quelque chose de beau.
C'est un parfum de fraise lorsqu'il sort de ta salle de bain. C'est ton fou
rire qui te tiens alors qu'il n'a rien dit.
C'est quand il ne veux plus
sortir du lit. C'est le café du matin avec lui.
C'est lorsqu'il a peur de mal comprendre. C'est lorsque tu penses si fort que tu as peur qu'il t'entende.
Ce sont des musiques que vous écoutez ensemble
et que vous fredonnez en marchant.
C'est le soleil dans vos yeux fatigués.
C'est le dimanche, lorsque vous vous quittez.
Ce sont ces bières que vous videz le soir en parlant de tout, de rien. C'est l'envie de manger l'autre sans l'abîmer. C'est quand il sourit et que tout va bien. C'est quand il est là et seulement pour toi. C'est une après-midi ou tu aimerais lui dire des phrases qui te passent par le coeur. C'est lorsque tu comptes les heures. C'est lorsque tu aimerais savoir... C'est lorsque tu penses à lui.
Lorsque tu t'égares.